Mobilité

Des cafards cyborgs contrôlés par des sacs à dos à énergie

Des cafards cyborgs contrôlés par des sacs à dos à énergie solaire


Une équipe internationale de chercheurs a publié une étude dans la revue

npj Flexible Electronics
qui détaille la création de cafards cyborgs équipés d’un module
électronique relié à leur système nerveux. Si l’expérience n’a rien
d’inédit, les chercheurs affirment que leur dispositif est 50 fois plus
puissant et utilise une cellule photovoltaïque souple qui n’entrave pas les
mouvements de l’insecte. En appuyant sur un bouton, le sac à dos reçoit une
impulsion qui incite le cafard à se déplacer dans une certaine direction.


Les cafards cyborgs ne sont pas une idée nouvelle. En 2012, des chercheurs
de l’université d’État de Caroline du Nord ont fait des expériences avec
des cafards siffleurs de Madagascar munis de sacs à dos sans fil. Pour ce
faire, le module qui embarque l’électronique est connecté via des
micros-câbles aux cerques du cafard, deux appendices situés à droite et à
gauche de l’extrémité de l’abdomen qui sont en fait des nerfs sensoriels.
Des études antérieures ont montré que des impulsions électriques sur les
cerques peuvent inciter le cafard à se déplacer dans une direction, ce qui
permet aux chercheurs de contrôler sa locomotion.


Un module électronique 17 fois plus fin qu’un cheveu humain


Pour envoyer et recevoir des signaux, il faut que le sac à dos soit
alimenté. On peut utiliser une batterie, mais celle-ci finit par s’épuiser
et le cafard cyborg fini par disparaître. D’où l’idée de recourir à
l’énergie solaire grâce à une cellule photovoltaïque fixée à l’abdomen de
l’insecte. Il a fallu trouver le moyen de ne pas gêner les déplacements
grâce à un module électronique 17 fois plus fin qu’un cheveu humain. Il
adhère à l’abdomen sans entraver considérablement le degré de liberté des
cafards et reste en place pendant environ un mois, ce qui dépasse largement
les systèmes précédents.


Dans une série d’expériences, l’équipe a démontré comment le système
pouvait diriger le cafard vers la droite, comme on le souhaitait, via un
système sans fil. Pour l’instant, c’est tout ce qu’ils ont fait. «

Le système actuel ne dispose que d’un système de contrôle de la
locomotion sans fil, ce qui n’est pas suffisant pour envisager une
application telle que le sauvetage urbain »

, a déclaré Kenjiro Fukuda, expert en électronique flexible à l’institut
japonais Riken. «

En intégrant d’autres dispositifs nécessaires tels que des capteurs et
des caméras, nous pourrons utiliser nos insectes cyborgs à de telles
fins.

» Le chercheur note que les caméras nécessiteraient probablement beaucoup
plus d’énergie, mais il existe des capteurs qui utilisent moins gourmands
qui pourraient être intégrés au système. Si des caméras pouvaient être
utilisées, elles auraient probablement une très faible résolution.

La question de la souffrance des insectes


Par ailleurs, l’équipe de l’institut Riken pense que la cellule
photovoltaïque ultrafine pourrait être appliquée à d’autres insectes et
servir à créer une armée d’insectes robots volants télécommandés à
distance. Les coléoptères et les cigales sont des candidats potentiels.


A ceux qui s’émeuvent à l’idée d’une telle manipulation du vivant et de la
souffrance éventuelle qui peut en résulter, Kenjiro Fukuda assure que «

selon les recherches menées sur les insectes, les cafards ne ressentent
pas la douleur

».


Cependant, des

recherches
ont été menées ces dernières années sur la façon dont les insectes peuvent
ressentir des émotions et sur les implications éthiques de ces
expérimentations. Un article paru récemment dans le magazine

Undark
s’est également penché sur la question de la douleur chez les insectes,
soulignant que la conscience des insectes est encore mal comprise.




Article de CNET.com adapté par CNETFrance


Image : Riken/Ayaka Shida


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