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Halte à la surcharge logicielle : comment alléger son SaaS

Halte à la surcharge logicielle : comment alléger son SaaS

Les bloatwares, également connus sous le nom de « feature creep », apparaissent lorsque les versions successives d’un programme siphonnent de plus en plus de mémoire et de puissance de traitement, ralentissant tout sans apporter d’améliorations notables.

Le problème des bloatwares est plus important que jamais, car les logiciels « utiles » ont migré du bureau au téléphone, puis au cloud et même aux produits SaaS (Software-as-a-Service). Les logiciels SaaS sont particulièrement contrariants, car ils ont été vendus à l’origine comme une réponse simplifiée à la surcharge. Selon Gartner, « d’ici 2023, les entreprises dépenseront 750 millions de dollars de trop pour des fonctionnalités inutilisées dans les logiciels informatiques. »

Le temps est venu pour le monde de la technologie de supprimer les logiciels superflus.

Comment cela a t’il commencé ?

À ses débuts, le bloatware se limitait essentiellement aux fioritures que les éditeurs de logiciels ajoutaient à leurs produits pour attirer les utilisateurs. Mais un deuxième type de bloatware s’est également imposé à l’ère du PC : il s’agit de logiciels préinstallés sur une machine parce qu’ils représentaient une source de revenus supplémentaires pour les fabricants de PC.

Dans d’autres cas, le bloatware se présentait sous la forme d’un « logiciel d’essai » préinstallé. Toute personne qui a acheté un PC au cours des vingt dernières années a été harcelée par des fenêtres pop-up et des offres promotionnelles de sociétés de sécurité logicielle et autres, qui invitent les utilisateurs à essayer leur produit pendant une période d’essai gratuite.

L’informatique basée sur les navigateurs a donné naissance à une autre forme de bloatware. Ils se présente sous la forme de barres d’outils et extensions de navigateur supplémentaires que les gens ont téléchargées sans le savoir alors qu’ils voulaient simplement explorer un site web ou installer une application légitime. Avec le smartphone est apparu tout un univers de jeux, de services et d’applications informatives comme la météo par exemple, que personne n’avait demandés mais qui encombraient un espace précieux sur nos petits écrans.

Comment cela se passe-t-il ?

Le bloatware est devenu de plus en plus endémique, passant de la cible des consommateurs à celle des entreprises. Les ingénieurs inventent de nouveaux gadgets et de nouvelles fonctionnalités astucieuses et c’est ce qui justifie l’ajout d’un nouvel élément à un produit plutôt que des innovations dont les utilisateurs ont besoin. Les vendeurs ont besoin de nouvelles fonctionnalités pour montrer au monde entier qu’un produit se développe et s’améliore, et ainsi plus facilement vendre la dernière version.

Les grands comptes exigent des fonctions spécialisées qui font désormais partie du produit que tout le monde utilise, et paie ainsi plus cher pour des fonctions dont ils n’ont pas forcément besoin, qu’ils ne veulent pas ou qu’ils n’utilisent pas.

Le plus étonnant est peut-être que les grands fabricants de logiciels cloud ont pris les mauvaises habitudes des anciens éditeurs de logiciels. Dans les années 90 et au début des années 2000, nous avons assisté à la montée en puissance des COTS (commercial off-the-shelf software), autrement dit des « applications packagées », qui devaient aider les entreprises qui tentaient de simplifier et de standardiser leur infrastructure.  Ce qu’elles ont obtenu, c’est l’opposé.

Au lieu de répondre à la nécessité de rationaliser les efforts, ces applications surchargées ont créé davantage de travail, obligeant les entreprises à modifier leurs propres processus pour s’adapter à ces outils. Le balancier s’est déplacé vers les outils SaaS, plus performants et faciles à déployer, mais permettant tout de même aux COTS de s’infiltrer. Des produits autrefois conviviaux et intuitifs nécessitent désormais de grands départements informatiques pour fonctionner.

Le bloatware, quelle que soit sa cause ou sa forme, est plus qu’une simple nuisance. La proposition de valeur du SaaS consistait à passer d’un modèle de propriété à un modèle basé sur l’utilisation ou la consommation. Dans une tentative de cocher toutes les cases des fonctionnalités, les fournisseurs ont commencé à faire semblant d’y accorder de l’importance, provoquant encore plus d’angoisse chez les informaticiens qui n’avait pas besoin des fioritures supplémentaires, mais plutôt d’ajouter rapidement de la valeur à leur activité.

Avec ces logiciels volumineux, les services informatiques perdent du temps à configurer ou déconfigurer des fonctionnalités qui auraient dû être configurés correctement dès le départ. Ces progiciels et plateformes compliqués et difficiles à gérer nuisent à l’agilité de l’entreprise et empêchent les équipes informatiques de se concentrer sur ce qu’elles doivent faire. Ajoutons qu’en plus des problèmes d’intégration, les bloatware encombrent les réseaux et consomment de la puissance de traitement.

Les bloatware ont également un impact sur la sécurité. Ils peuvent étendre la surface d’attaque d’une entreprise. S’il est évident qu’un système trop complexe est encore plus difficile à défendre augmenter la surface d’attaque ne simplifie pas les choses. Il n’est pas surprenant que les violations de données soient déjà en passe de battre des records cette année.

Le fait que tant de fournisseurs SaaS soient coupables d’utiliser des bloatware est particulièrement ironique pour ceux d’entre nous qui opèrent dans cet espace. En effet, l’argument initial du SaaS était une sorte de solution anti-bloat, c’est à dire des outils simples et faciles à utiliser qui réduisaient considérablement les coûts informatiques d’une entreprise.

Comment y mettre fin ?

Dans le monde de l’entreprise, une nouvelle génération de produits SaaS simplifiés a vu le jour au cours de la dernière décennie. Elle tente d’aider les petites et moyennes entreprises qui n’ont pas les budgets informatiques nécessaires à faire face aux bloatware.

Pour les éviter, les informaticiens doivent faire de la rationalisation des applications une activité stratégique fréquente et régulière pour passer en revue toutes les applications SaaS et ainsi évaluer s’il convient de conserver, supprimer ou remplacer une application. En fait, la gestion des applications SaaS devrait devenir une mesure clé pour l’informatique, l’objectif étant d’en avoir moins.

Au lancement d’une nouvelle application, une autre mesure clé pourrait aider à lutter contre les bloatware. Il faudrait monitorer son utilisation ou non. Si elle est effectivement utilisée, déterminer si toutes les fonctionnalités le sont. Si l’application n’est pas utilisée, elle doit être mise hors service. Si toutes les fonctionnalités ne sont pas utilisées, elle peut être remplacée.

Il est temps de mettre fin à cette pratique et de tirer les leçons du passé. Pour pallier la surabondance de logiciels, nous devons en créer qui vont directement au cœur de ce dont les utilisateurs ont besoin – un SaaS facile à personnaliser, efficace à gérer et flexible à intégrer.




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