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L’UFC Que-Choisir tacle l’indice de réparabilité

L’UFC Que-Choisir tacle l’indice de réparabilité

Lancé en grande pompe en début d’année pour lutter contre le gaspillage en encourageant l’achat de produits électroniques plus réparables, l’indice de réparabilité prôné par les autorités ne tiendrait pas ces promesses à ce stade. Tel est du moins l’avis de l’UFC-Que Choisir, pour qui « l’indice pèche tant dans sa construction par les pouvoirs publics que dans sa diffusion par les distributeurs ». Dans un rapport publié ce mardi, l’association de défense des consommateurs tire la « sonnette d’alarme » et en appelle à « une réforme de l’indice de réparabilité afin qu’il puisse être un véritable outil, utile pour orienter les achats des consommateurs ».

La mauvaise forme de l’indice de réparabilité doit notamment à un faible investissement des fabricants et des distributeurs, relève l’association. Après avoir analysé 330 produits et neuf sites de vente en ligne, celle-ci fait observer qu’une grande majorité de vendeurs ne répondent pas à leur obligation d’afficher l’indice. Pire, seuls 42 % des produits ont le logo visible près du prix, regrette l’UFC-Que Choisir.

Si des enseignes comme Leroy-Merlin (100 %) ou Boulanger (95 %) font figure de « bons élèves » en indiquant le logo visible près du prix de respectivement 100 % et 95 % de leurs produits, ce n’est pas le cas d’autres géants de la grande distribution. A commencer par Amazon (22 %) ou, pire encore, Carrefour (0 %), qui « n’ont dans le meilleur des cas qu’une considération toute relative de leur obligation légale », regrette l’association. Celle-ci s’étonne d’ailleurs que les contrôles officiels pour vérifier le bon respect de la loi ne débuteront qu’à partir du 1er janvier 2022 et appelle à une plus grande vigilance de l’Etat.

Un indice très perfectible

Pour l’UFC-Que Choisir, il est en effet urgent de « réviser la construction de l’indice de réparabilité afin qu’il reflète réellement l’aptitude d’un produit à être réparé » mais également « d’’imposer aux vendeurs de rendre la grille de notation directement accessible aux consommateurs ». Pour rappel, celle-ci n’était déjà pas amène avec l’indice avant même de s’être penché sur sa mise en oeuvre.

Selon l’association, « l’indice de réparabilité semble ainsi avoir été bâti pour donner aux fabricants un satisfecit artificiel sur la réparabilité de leurs produits en leur offrant sur un plateau des points pour des critères mineurs, ou alors très largement déjà appliqués ». Celle-ci fait également valoir que « les fabricants peuvent gonfler l’indice de réparabilité de leurs produits en se contentant simplement d’appliquer la loi », en citant l’exemple des « fabricants de lave-linges, qui peuvent répercuter sur la note de l’indice de réparabilité le simple fait de répondre à leur obligation légale d’assurer la disponibilité de pièces de rechange pendant au moins 10 ans ».

Si l’association appelle pourtant de ses voeux la mise en place d’un tel indice, considéré comme « bienvenu ». Rappelons que l’indice, qui se présente sous forme d’une note de 1 à 10, doit être apposé sur cinq types d’équipements, choisis par les pouvoirs publics comme produits pilotes : lave-linge, téléviseurs, smartphones, ordinateurs portables et tondeuses à gazon. Cette palette de produits est appelé à se développer à l’horizon 2024. Reste qu’il ne sera, selon l’UFC-Que Choisir, pas suffisant pour renforcer la durabilité des produits de grande consommation, alors même que seul un tiers des 16 millions d’appareils de gros électroménagers tombés en panne chaque année sont réparés.




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